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[Résultat d'une rencontre faite en 2009]
En collaboration avec les danseurs de la Compagnie Béliga Kopé
Direction artistique Béliga Kopé
Pièce pour 7 danseurs
Nous ne nous étions jamais vus et pourtant nous nous sommes donnés rendez-vous
à Yopougon, en Côte d’Ivoire. Nous avons chacun de notre côté donné et
reçu, partagé. Il s’agit pour moi de mon premier rendez-vous en Afrique
Noire. Je n’avais jamais eu l’occasion de travailler avec des danseurs
du continent africain. Aucun d’entre eux n’avait croisé un danseur ou
un chorégraphe venu d’Europe.
Il y a eu des sourires, beaucoup de passion, un peu de magie, parfois
quelques mystères insolubles, une écoute au-delà des mots mais aussi et
surtout un choc des cultures dont certains éclats sont générateurs de
sens. A nous de nous en saisir.
Le constat est là, ces danseurs sont essentiellement issus d’une pratique
de la danse traditionnelle ivoirienne. J’ai défini les cadres de ce que
pouvait être un essai chorégraphique autour du thème de la rencontre en
m’attachant à mettre en valeur nos différences qui, contrairement à ce
à quoi on pourrait peut-être s’attendre, nous rassemblent plus qu’elles
ne nous éloignent.
Il s’agit donc d’un essai chorégraphique ou plutôt de la mise en représentation
d'une rencontre, pour 7 danseurs ivoiriens dont l’écriture sera contemporaine.
A la base de cette écriture, il s’agit d’élaborer ce que sera le geste
puis la phrase chorégraphique servant à la construction de ce «rendez-vous».
Pour ce faire, je me suis attaché à utiliser mais aussi et surtout à déconstruire
et plus précisément à décomposer certains des mouvements traditionnels.
Jouer sur la notion d’appuis, de vitesse pour finalement en révéler une
forme nouvelle. Jouer aussi sur de nouveaux cadres musicaux et ainsi me
dégager des percussions conventionnelles. J’ai ainsi choisi entre autres
d’utiliser de la musique baroque qui, étrangement, trouve écho dans certains
nombres de pas traditionnels. C’est probablement aussi dans ce rapport
inhabituel musique et danse que se situe cette rencontre.
Enfin, il s’agira de mettre en œuvre ce que j’appellerais «l’architecture»
de ce projet. L’organisation de l’espace puis du temps nécessitera une
partition où l’enchevêtrement des danseurs et de leurs mouvements tisseront
une « étole » et, conformément à mes préoccupations artistiques, laissera
je l'espère apparaître une trace témoin de cette rencontre métissée entre
le jeune chorégraphe que je suis et ces danseurs, là-bas à Yopougon.
A propos de traces...
... celles que notre monde occidental « blanc » a laissé sur eux comme
une imprégnation, une aliénation parfois me semble-t-il.
Mieux que de s’en défendre, ils auront, sans rancœur et pétris d’humanité,
su probablement en jouer avec légèreté, détachement et distance, comme
pour mieux révéler certaines vérités héritées de notre histoire commune
et partagée il y a encore peu finalement ».
Ce projet n'a pas été une création véritablement. Un rendez-vous en Afrique
porte bien son nom. Il est le résultat d'une rencontre que ni eux ni moi
n'attendions.
Hervé Koubi - Extraits de notes de travail - Yopougon
Côte d’Ivoire - 3 mars 2009
"La Côte d'Ivoire est au bord d'une guerre civile qui me laisse un
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